Google condamné pour atteinte à la vie privée
Par Francis Besset le vendredi 26 février 2010 - Archives | Lien permanent

En lisant ce titre, on pourrait croire que Google vient de se prendre une claque à cause de son service Google Street View, ou bien même à cause de son moteur de recherche. Mais que nenni !
C'est l'Italie qui a poursuivi Google à la suite d'une vidéo posté sur le service Google Vidéo. Résultat, trois employés condamnés à six mois de prison avec sursis pour atteinte à la vie privée.
L'histoire est partie d'une vidéo envoyée sur Google Vidéo. Elle montrait des élèves d'une école de Turin en train de brutaliser l'un de leurs camarades.
Averti par la police Italienne, Google a retiré la vidéo quelques heures. De plus, Google ne s'est pas arrêté là car ils ont aidé la police locale à identifier la personne responsable — qui a été condamné à 10 mois de travaux d’intérêt général tout comme les autres élèves impliqués.
On pourrait croire que tout aurait pu s'arrêter là, mais pas du tout.
Le procureur de Milan a décidé d'inculper 4 employés de chez Google qui sont David Drummond, Arvind Desikan, Peter Fleischer et George Reyes. Les accusations portées contre eux : diffamation et incapacité à se conformer au code italien concernant la vie privée.
Pourtant les 4 employés n'avaient rien à voir dans cette histoire. Aucun lien avec les personnes impliquées à cette vidéo, de plus, ils ne connaissaient pas l'existence de cette vidéo avant d'être avertis par la police Italienne.
Un magistart Italien a jugé coupable 3 des 4 employés de chez Google — David Drummond, Peter Fleischer et Reyes George — pour les faits qui leur étaient reprochés. Ils ont écopé de 6 mois de prison avec sursis !
En substance, cette condamnation signifie que les employés de toute plateforme hébergeant des données, sont pénalement responsables du contenu envoyé par les utilisateurs.
Grosso modo, si Wikipedia contient des informations diffamatoires ou fausses, ils sont responsables. Tout comme pourraient l'être DailyMotion, Vimeo, etc.
Par ailleurs, suite à cette décision, Google s'est déclaré extrêmement préoccupé par cette décision, qui représente une attaque contre le principe de la liberté d'expression (...) Si nous sommes responsables pour chaque autorisation de publication, chaque photo, chaque vidéo, chaque mise en ligne, alors le Net, tel que nous le connaissons, cessera d'exister. Ils ont également fait un rapprochement avec le service postier : ces poursuites reviennent à poursuivre les employés des services postaux pour des lettres haineuses envoyées par la Poste.
Fort heureusement, Google a également déclaré vouloir faire appel de cette décision.
Personnellement, ce genre de décision de justice me fait froid dans le dos !
(Keeg, The Next Web France, Le Parisien)



